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La tarte aux prunes
Septembre 2009

Tarte aux prunes

Saouls, c’est sûr, sur ou sous la table nappée de bouteilles tous dorment…sauf lui. La paix niche là où on écluse. Il salue les copains qui ne l’entendent même pas. - Et merci pour le vin ! Quittons cet air vicié qui me nuit pour l’air doux d’août qui me siéra davantage. Déclare-t-il théâtral à l’assemblée ronflante. La porte claque. Il quitte la scène et le voici en coulisses. Il est moins maître du jeu. Ca swingue, le trottoir pour piste de danse et les réverbères pour partenaires. Hou la hop…Rester soi, contrôler son appellation, quitter les coteaux et les châteaux pour rejoindre son domaine et sa belle… Un pas de cha-cha-cha, deux de rock and roll et puis ça valse, ouf un poteau, interdiction de stationner, oui mais deux minutes quand même… Ca va mieux, rien de tel que la barre fixe pour arrêter de tourner. La lune est là qui l’aidera à retrouver son quartier. Une longue marche boustrophédonique l’amène au jardin botanique. Joyeux, il s’assied puis s’étale dans les pâquerettes. Délicatement il coupe une herbe, suce ses perles de rosée. Dose d’eau homéopathique bénéfique pour les neurones qui se réalignent comme des petits soldats survivants après la bataille. Dis –moi tout, pâquerette. Elle m’aime… un peu… beaucoup…même saoul, tendrement, à la folie. Plus de pétale, tout va bien. Il est couché sous un prunier et il y a des choses qui tombent à pic comme cette petite prune qui vient rouler jusque dans sa main. Il la saisi la hume, pense à… non il vaudrait mieux penser cuisine. Sa mère. La tarte aux prunes de sa mère surgit comme une madeleine dans sa mémoire. Elle tapissait un moule d’une pâte à foncer (pâte brisée et jaune d’œuf . Cf les bons auteurs) elle lavait les prunes les tranchait en deux, en ôtait le noyau qu’elle suçait pour se mettre en appétit. Elle piquait d’une fourchette la pâte qu’elle enfournait « à blanc » quinze minutes puis y rangeait avec méthode les demi- prunes faces coupées vers le plafond brou de noix. Elle préparait alors de maîtresse façon et avec élégance une pâte à génoise. (Cf les mêmes auteurs)
La cadence du fouet envahissait tout son corps et le balancement des seins et des fesses participait certainement à la réussite de cette bonne pâte. Elle versait alors sa génoise sur les prunes et enfournait l’appareil pour une demie heure. On la mangeait tiède saupoudrée de sucre glace… Il serait temps de reprendre la route, l’herbe est humide, la brume dissimule petit à petit les étoiles. Il se lève, trifouille dans ses poches. Zut et merde. Il va s’allonger sur un banc tout proche, fait la nique à l’astrophysique et prend la petite ourse dans ses bras pour se réchauffer un peu. Les nues pour seule couette c’est pas bien chaud. Il pense à elle nue sous la couette bien au chaud. Il va s’endormir. Il jure une dernière fois, il n’a pas les clefs pour rentrer…

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