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L'amour et l'eau fraîche
Inconnu 0000

Lise n'est plus retournée chez elle, je me suis mis en ménage avec ma femme de ménage, quoi de plus logique pardi !
J'en suis fou dingue, donc, je ne pense plus qu'à ça, à elle, je ne cuisine plus, je n'écris plus de recettes, je la suis partout, je la regarde, la cajole, l'enlace, l'embrasse, bref, je l'aime des pieds, qu'elle a grands d'ailleurs, jusqu'au dernier de ses cheveux bouclés, poivre-noir avec une pincée de sel. Mmm... j'adore !
J'ai regardé dans sa chaussure, ce matin quand elle prenait sa douche, discrètement pour ne pas la froisser, quoi que plus je pénètre dans son petit for intérieur, plus je suis convaincu qu'elle n'est ni froide ni froissable. Dans sa chaussure, je crois que j'ai bien lu...43... Elle chausse du 43, n'est-ce pas merveilleux ?... J'ai embrassé son "petit" soulier en rigolant et l'ai remis à sa place à coté de l'autre. Ah! Que je l'aime... Que je l'aime
Le "hic" dans tout cela c'est que je ne supporte plus qu'elle fasse le ménage; j'ai bien trop peur qu'elle s'électrocute avec mon aspirateur dont j'aurais dû changer le fil électrique dénudé depuis bien longtemps; et si en nettoyant les carreaux de la façade elle tombait dans la rue, se serait la cata, Lise morte, je ne survivrais pas. Non, chaque fois qu'elle veut toucher au ménage, je lui dis "ça va Lise, laisse tomber, je le ferai moi même". Et je ne vais quand même pas engager une nouvelle bonne, ça risquerait de foutre le bordel dans le ménage, et ce n'est pas le but.
Je ne sais pas ce qui me prend de vous raconter tout ça, mais c'est plus fort que moi. Quand l'amour me tient, je ne le lâche plus et il ne me lâche plus, j'en parle, j'écris, j'attise, je le cultive, je l'enracine, je l'arrose, je le plaque partout, je le hume, j'en profite, je le déguste jusqu'au trognon et je sens que je vais passer un bon hiver...
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